Les premières nuits

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Les premières nuits

Message par Osiris le Sam 12 Avr 2008 - 23:43

Les premières nuits d’un infant sont tumultueuses, il les passe principalement en apprentissage auprès de son père afin de comprendre ce qu’il est devenu. Certains pères sont de bons guides, enseignant à leur infant comment composer avec la malédiction et maîtriser les dons de Caïn. Les infants qui sont aussi chanceux apprennent à faire confiance à leur père en tant que géniteur, mentor voire amant et cela crée un lien fort entre eux. D’autres pères sont cruels et dictatoriaux, traitant leurs infants sans plus de compassion qu’envers un animal pesant. Ces infants apprennent à haïr et craindre et deviennent des tyrans comme leur père. Pire encore, certains pères abandonnent totalement leur infant, les laissant à la merci de la nuit sans instruction ni conseils. Ce destin équivaut généralement à une condamnation à mort pour l’infant et rares sont ceux qui survivent plus de quelques nuits avant de tomber, victimes de leur ignorance ou des torches de paysans en colère.

Durant cette période d’apprentissage, qui peut durer quelques mois ou plusieurs décennies, les infants sont

considérés comme des novices et non comme des Caïnites à part entière. Ils sont sous la protection de leur père et n’ont aucun statut dans la société Caïnite. Ce n’est qu’une fois l’infant présenté formellement au plus ancien vampire de la région, cette présentation fait généralement partie d’une cérémonie vampirique de passage à l’âge adulte, qu’il perd son titre de novice pour devenir un nouveau-né, pleinement accepté dans la race de Caïn. Ces premières années sont cruciales dans la formation des infants, les modelant à jamais. Ils apprennent les particularités de la société vampirique et ses coutumes tout en expérimentant leurs nouveaux dons et les manières de contrôler la Bête. Certains n’y parviennent pas, trouvant leur Bête trop sauvage et leur faim trop forte. Comme des animaux galeux, ces infants doivent être abattus avant de provoquer la colère des mortels ou pire, des autres Caïnites. Ceux qui ont de la chance (est-ce vraiment une chance ?) finissent par trouver un équilibre et acceptent leur Bête.

Les premières nuits sont également une période de révélations. Le novice comprend toutes les ramifications de sa nouvelle condition. Dans son désespoir, l’infant apprend ce qu’il a perdu et ce qu’il est devenu. La plupart affrontent leur inhumanité et découvrent qu’ils sont incapables de ressentir de véritables émotions. Plus d’un infant refuse de supporter l’Étreinte, cherchant la lumière du soleil pour mettre fin à ses tourments. Avec le temps, ceux qui acceptent ce qu’ils sont devenus apprennent ce dont ils ont besoin pour survivre et devenir de vrais Caïnites.


La chasse
Même les plus rudes et tyranniques des pères apprennent à leur infant les rudiments de l’alimentation, car sans cela, un novice a peu de chances de survivre plus de quelques nuits sans attirer l’attention des mortels. L’infant apprend à chasser sans se mettre en danger et, plus important, à cacher toute trace du Baiser - l’acte de se nourrir
- en léchant la blessure pour qu’elle se ferme. Au début, l’infant, jeune et inexpérimenté, tuera probablement sa proie, le poussant plus loin dans les abîmes du désespoir. Peu de pères entraînent leurs infants sur des animaux ni ne leur disent qu’ils ne sont pas obligés de tuer pour se nourrir. Cette révélation se fait souvent trop tard, après que l’infant ait tué à plusieurs reprises lors de tentatives maladroites pour se nourrir.

Avec le temps, l’infant apprend à contrôler sa Bête, limitant ses frénésies. Au lieu de vider ses victimes jusqu’à ce qu’elles s’effondrent, l’infant prend juste assez de sang pour apaiser la Bête et laisser sa proie en vie. Rapidement, l’infant se nourrit plus fréquemment, désireux de ressentir le plaisir de la chasse et le délicat pantomime entre proie et chasseur. Ses instincts prédateurs ressortent et l’infant commence à sortir seul la nuit. Tous les Caïnites sont territoriaux et l’infant l’apprend rapidement. Le père partage son refuge et ses terrains de chasse au début, mais devient de plus en plus protecteur face à ses territoires une fois que l’infant évolue.




Le domaine
Au cours des premières nuits, l’infant apprend également l’importance du domaine, de s’assurer un refuge sûr où se cacher de la lumière du soleil et des mortels fouineurs. Un infant perspicace remarque que nul autre Caïnite ne chasse sur les terres de son père et que ceux qui lui rendent visite font preuve d’un grand respect. Bientôt, il apparaît à l’infant que le domaine d’un Caïnite, et son refuge, est souvent le fondement de son influence et indique sa situation dans la société Caïnite. Dans le cas de vampires particulièrement influents, le domaine s’étend au-delà de leur terrain de chasse exclusif et le novice prend conscience de la nature semi féodale de la société Caïnite et des coutumes concernant le domaine.

Lorsque le novice devient nouveau-né, il doit quitter le confort du domaine de son père et s’en tailler un. Se décider pour un refuge est un choix personnel, dicté par l’esthétique de l’infant et sa perception de son existence de vampire. Certains choisissent la solitude des tombeaux ou des cryptes, d’autres préfèrent le confort de palais ou de grandes maisons. Les anciens vampires prennent généralement tous les domaines de choix, laissant les rebuts aux nouveau-nés, comme les puits abandonnés, les caves à vin des auberges ou les moulins en ruine. Peu importe que le domaine soit petit, le nouveau-né à toute l’éternité devant lui pour étendre son influence. La plupart se languissent d’avoir un vaste domaine à diriger, comme les anciens.

Le nouveau-né doit choisir un refuge qui offre un certain isolement et protection, surtout tant qu’il est jeune et relativement faible. Un nouveau-né n’aura aucun problème à traiter avec les mortels (même une foule) de nuit, mais il est vulnérable durant la journée et seul l’anonymat de son refuge le protège. Il n’est pas rare que des nouveau-nés se regroupent pour des raisons de sécurité et pour accroître leur domaine, un tel groupe est souvent appelé coterie.


La malédiction du cœur mort

Les Caïnites sont des abominations, des créatures à la fois surnaturelle et maudites. Ils ne sont plus humains, dans aucun sens du terme, fait que peu de vampires sont prêts à admettre et qui change profondément leur psyché. Les Caïnites existent à jamais hors de la sphère des choses naturelles. Leurs corps sont morts et ils continuent pourtant à exister, penser et agir. Même s’ils étaient autrefois humains, la malédiction du vampirisme marque leur âme même, les transformant en êtres sublimes et maudits. De nombreux nouveau-nés ne voient pas la différence entre leur vie mortelle et leur existence de Caïnite, mais ce changement devient apparent lorsque les années deviennent des siècles. Tous les vampires finissent par réaliser qu’ils sont morts, bloqués dans l’instant terrible où le repos éternel leur a été interdit, remplacé par les tourments et la faim. Et cette compréhension est suivie d’une autre : la Bête piégée en eux est leur âme, hurlant pour être libérée d’une éternité

dans de la chair morte. Ils ne sont rien d’autre que des monstres, au-delà du salut et seuls. C’est ce que les Caïnites appellent la Malédiction du cœur mort.

Trépassé mais non-mort

Les Caïnites sont des parasites et non des êtres immortels et éthérés. Un vampire n’est rien d’autre qu’un cadavre animé vivant et pensant, non par force de volonté ou égoïsme difforme, mais grâce au sang surnaturel et maudit qui coule dans son corps mort. Malgré leurs pouvoirs et leurs capacités, les vampires sont statiques par nature, piégés à jamais dans l’instant de la mort, conscients, mais pas éclairés. Les Caïnites sont morts tant de leur corps que dans leur esprit. C’est leur Bête surnaturelle qui nourrit leur cadavre, les emplit d’émotions et leur permet de penser. Finalement, leur identité humaine n’est rien d’autre qu’un écho de plus en plus lointain. Il hurle pour se faire entendre malgré les rugissements de la Bête, mais finit par se taire lorsque les années deviennent des siècles.

Morts, les vampires n’évoluent pas ni ne croissent, même leurs émotions deviennent compassées et perverses. Ils ne sont plus capables de ressentir un plaisir physique, ne connaissant que les extrêmes que sont la douleur et la faim. Les Caïnites sont incapables de tirer une leçon de leurs expériences comme le font les mortels, ils ne peuvent que se souvenir amèrement de ce qu’ils ont perdu et n’oublient jamais les erreurs passées. Apprendre de nouveaux modes de pensée, cette merveilleuse capacité qu’ont les mortels, est étrangère aux vampires, ce qui fait d’eux des anachronismes non-vivants. Les Caïnites sont capables de maîtriser de nouveaux talents et manières, mais ne peuvent pas les assimiler en eux comme ils le faisaient de leur vivant. Ils portent les nouvelles coutumes comme des masques, cachant leur nature stagnante. Seule la faim et la rage éternelles de la Bête peuvent pousser un vampire à faire de nouvelles expériences, le corrompant dans sa noire nature. Les vampires sont comme des statues de marbre, témoins de l’avancée incessante du temps, mais à jamais hors du temps. Cette caractéristique rend tous les vampires rapaces et prédateurs incapable de création ou d’attention. Leur identité autrefois humaine lutte pour garder ses qualités - être capable de regarder la beauté et l’apprécier sans éprouver le besoin de la posséder - mais leur Bête les attire dans les profondeurs du désespoir par le désir, l’orgueil et le meurtre.


Les Caïnites ne connaissent aucun répit dans la nuit incertaine. Pire encore, ils savent que les ténèbres cachent des terreurs, la plus terrifiante de toute étant leur propre Bête. Laissons les prêtres vivants parler de l’enfer brûlant. Pour les Caïnites, la Bête est l’Enfer ayant pris forme. C’est une force qui les possède, condamne leur âme et les bannit à jamais de la lumière. Il n’y a pas de moyen d’y échapper, pas plus qu’à leur statut de créature maudite. L’Étreinte détruit la certitude des peuples du Moyen Âge : l’espoir de salut. Sans salut, pas d’espoir et sans espoir, les

Caïnites se retrouvent seuls dans un monde de ténèbres. Avec cette réalisation en vient une autre : savoir qu’à compter de ce moment, tout ce qu’un Caïnite connaîtra sera ténèbres, ténèbres physiques de la nuit et ténèbres spirituelles de l’âme condamnée à prendre la vie au lieu de la donner.

De nombreux Caïnites Étreints au cours des derniers siècles se considèrent comme des suppôts de l’Enfer et se comportent ainsi. Interdits de Paradis, ces vampires cèdent à leurs bas instincts prédateurs et se réjouissent de leur damnation. Au début, ce sont des tueurs sans passion et frustres, ne connaissant ni pitié ni remords, puis ils deviennent des bêtes sauvages et meurtrières. Même ceux qui ont encore de la foi et tentent de connaître la rédemption finissent par déchoir. Les exigences de la Bête sont trop puissantes pour être ignorées.

Cependant, cette dégénérescence en démon n’est ni subite ni totale. C’est une lente descente vers la folie et la damnation, dans laquelle le Caïnite n’est pas la victime inconsciente de sa malédiction, mais un complice. Le vampirisme ne condamne pas, il accroît seulement les côtés sombres enfouis. Le sang de Caïn et la Bête accentuent les désirs et pensées pervers qu’ont les mortels. L’horreur de la transformation vient de la pente glissante du déclin moral inhérent à tous les humains, mais accéléré par la nature maudite de Caïn.
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