Il y a de la vie. Après la mort

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Il y a de la vie. Après la mort

Message par Manithou le Mer 2 Jan 2008 - 16:03

La pluie les rattrapa alors qu’ils négociaient la pente
du tas de gravats derrière le marché aux bestiaux ou,
plus précisément, derrière le terrain vague où le marché aux
bestiaux se trouvait jadis.
Franz leva les yeux au ciel lorsque les premières gouttes frappèrent
son front, en disant une prière à Taal-au-plus-haut-des-cieux pour que ce
ne soit qu’une petite averse. Mais d’autres gouttes tombèrent, plus
grosses, puis soudain ce fut le déluge.
Inutile de cavaler se mettre à l’abri. En un rien de temps,
ils furent tous trempés jusqu’aux os. De toute façon, ils ne pouvaient pas
courir. Les éboulis étaient instables dans le meilleur des cas et avec toute
cette eau,ils devenaient carrément dangereux.Ils ne pouvaient progresser
sans risques qu’en y allant pas à pas, prudemment.
Malgré cette prudence, deux des chiffonniers firent la culbute dans
les premières minutes de l’orage, lorsque de vieilles tuiles et des
morceaux de brique se détachèrent sous les semelles de leurs misérables
savates.L’un d’eux atterrit sur le dos.L’autre, une femme qui n’était
plus de la première jeunesse, fit une mauvaise chute et commença à
glisser le long de la pente en déclenchant une avalanche de débris.
Franz et Grunor descendirent avec précautions pour l’aider ; le répugnant
ratier était plus à l’aise sur ses jambes grâce à son centre de
gravité plus bas.
— Quoi qu’t’en penses,Falker ? demanda Grunor, la pluie ruisselant sur
son nez balafré et sur les longues tresses enduites de poix de sa barbe.
— Il va nous faire repartir, répondit Franz. Il ne voudra pas, mais il va
nous faire faire demi-tour. Les rues sont déjà remplies de gadoue. On va
perdre notre temps, à moins que ça cesse et que ça sèche un peu.
Le nain hocha la tête et ils se baissèrent pour aider la pauvre femme à
se relever, la portant à moitié pour lui faire remonter la pente.
Werner Broch se tenait debout près du sommet du crassier, l’eau
dégoulinant sur lui, contemplant les ruines derrière le rideau de pluie.
— On fait demi-tour, annonça-t-il au bout d’un long moment, son
aboiement rauque résonnant nettement avec l’accent nasillard caractéristique
du Middenland.
Un choeur de protestations s’éleva de la trentaine de chiffonniers qui
formaient une cohorte derrière lui.
— Que le cul d’Ulric vous écrase ! gronda Broch. C’est moi qui décide
et c’est comme ça ! Falker,Grunor, faites-moi revenir tout ça !
La pluie avait redoublé de violence, si c’était possible. Franz se fraya
précautionneusement un chemin le long de la file de chiffonniers
voûtés et miteux et commença à agiter les bras pour faire repartir la
troupe dans l’autre sens. Plus loin, le nain faisait de même.
— En arrière ! On s’en va ! cria Franz en frappant dans ses mains.
On retourne au camp ! Pas de ramassage aujourd’hui !
La fille agrippa sa manche au passage. Il l’avait remarquée trois jours
auparavant lorsqu’elle était arrivée au camp et qu’on l’avait mise dans
leur troupe. Imke, Imma, quelque chose comme ça. Elle était aussi
malpropre que les autres. Sa peau était incrustée de crasse noire par
endroits et ses vêtements étaient déchirés et raides de boue, mais audessous
de tout ça, elle était jeune et avait une coquetterie dans l’oeil
qui lui donnait un regard intense qu’il avait trouvé inhabituel.
— Vraiment ? dit-elle. On retourne au camp ? On n’arrivera jamais à
rien à ce compte-là.
Franz haussa les épaules. Il fit un geste circulaire. Les trombes d’eau
étaient tellement violentes qu’elles abolissaient la distance et faisaient
s’élever une sorte de brouillard de la cité en ruine.
— Il n’y a rien de mieux à faire, dit-il. Les dieux qui ne nous ont pas
encore laissé tomber pleurent sur Wolfenburg aujourd’hui.
Wolfenburg, la puissante Wolfenburg, la première ville de l’Ostland,
qui avait été le foyer de Franz autrefois, était tombée devant les armées
ennemies l’année précédente. Une horde immense et dévastatrice,
commandée, à ce qu’on disait, par un seigneur de la guerre du nom de
Surtha Lenk, s’était levée dans le nord pour mettre les terres de
l’Empire à feu et à sang et s’abattre comme un rapace sur Wolfenburg
et sur une douzaine d’autres villes. Selon la rumeur, l’armée de Lenk
n’était qu’une troupe parmi tant d’autres qui avait fait de sanglantes
percées depuis les terres du nord. C’était le monde à l’envers.
Franz avait vingt-cinq ans et était le fils d’un cordonnier de Wolfenburg.
En tant que membre de la milice municipale, il s’était battu pour
défendre les remparts de la ville et, par une étrange bénédiction de
Sigmar, avait fait partie de la centaine de rescapés qui avaient échappé à
la destruction finale. Il était de taille moyenne, avec un torse vigoureux,
mais il était amaigri et avait le teint cireux par manque de nourriture
décente. Ses longs cheveux noirs, liés en queue de cheval, étaient striés
de mèches grises qui étaient apparues en une nuit après la chute de la
cité. Franz pensait que les scènes auxquelles il avait assisté, ces horreurs,
avaient fait fuir la couleur de ses cheveux.
Franz portait une pique à sanglier pourvue d’une barre transversale
sous la lame et une épée de qualité médiocre. Ses vêtements paraissaient
déchirés et brunis par la crasse, mais il s’agissait en fait de la
tunique et des culottes de la milice de Wolfenburg,portant les quartiers
noir et blanc des armes de l’Ostland, qui se dissimulaient sous la
cuirasse rouillée et la saleté.
Au cours des mois qui avaient suivi le sac de la ville, les survivants,
parmi lesquels Franz, étaient peu à peu revenus vers les ruines, certains
à la recherche de leur famille, d’autres de nourriture, la plupart parce
qu’ils ne savaient pas où aller. Un camp de tentes sales et de cabanes
avait surgi sous le mur d’enceinte sud, s’étendant lentement à mesure
que les gens réapparaissaient. Les conditions de vie étaient lamentables
et la nourriture rare. La seule profession viable, celle de « chiffonnier »,
obligeait à des incursions quotidiennes dans les ruines afin de trier les
débris à la recherche d’objets de valeur. Il y avait certainement des
pièces de monnaie et d’autres babioles précieuses cachées sous les
décombres et certains ramasseurs se berçaient de l’illusion qu’ils pourraient
échapper à leur misère en découvrant une fortune. Mais en
général, tout ce que les chiffonniers pouvaient espérer trouver, c’était
des couverts, des peignes, des pots intacts, des meubles et peut-être un
peu de nourriture conservée dans un cellier effondré.
Franz espérait trouver quelque chose lui aussi. C’était pour cette raison
qu’il s’était engagé. C’était pour cette raison qu’il était le second de
Werner Broch.
En tête de la colonne,Werner Broch pataugeait sous la pluie avec le
nain Grunor à ses côtés. Derrière lui, la procession se bousculait.
Certains ramasseurs portaient des paniers, d’autres poussaient des
brouettes vides.
— Saleté de pluie, marmonna Broch pour lui-même. C’est pas une
façon de gagner sa foutue vie.
Grunor fit entendre un grognement d’approbation.
Broch était un mercenaire, un vétéran. Il était exceptionnellement
grand, mais il avait les épaules voûtées, comme si les années pesaient
sur lui. Il portait une armure de cuir convenable avec des protègecuisses
de métal et un simple haubert noir. Sa grande épée était
attachée dans son dos, dans un énorme fourreau de cuir, mais il portait
une arquebuse, à présent enveloppée dans une housse en toile cirée
pour la protéger de la pluie. Ses cheveux, presque entièrement blancs,
étaient rasés près du crâne et son visage arborait une barbe argentée
taillée curieusement de travers.À un moment de sa carrière,Broch avait
reçu un coup de lame dans la partie gauche du visage, ce qui lui avait
laissé une profonde cicatrice de tissus luisants depuis la joue jusque
sous la mâchoire. Sa mâchoire avait guéri, fendue et déformée, ce qui
lui donnait un étrange visage tordu.Aucun poil n’avait repoussé sur la
cicatrice et, de ce fait, la partie gauche de son visage était glabre. En tant
que mercenaire, il ne prêtait allégeance qu’à l’argent. Seuls son accent
et sa petite médaille d’Ulric trahissaient ses origines.
Franz pensait, assez justement, que Broch était venu à Wolfenburg
parce qu’il avait flairé un possible pillage. Mais il y avait trouvé du
travail. Le métier de chiffonnier était dangereux, car les ruines étaient
devenues le repaire de toutes sortes de charognards venus de la forêt :
des ours, des loups, des chiens sauvages et pire encore. Des liens
s’étaient formés. Chaque équipe de chiffonniers, lorsqu’elle sortait,
emmenait avec elle un ou deux soldats pour assurer sa sécurité.
En échange, toutes les trouvailles de valeur dénichées par les ramasseurs
étaient partagées avec leurs gardes.
Broch et Franz étaient les soldats rattachés à ce groupe,avec Broch
comme chef. Grunor suivait le mouvement parce qu’il le voulait
bien. Le nain était très vieux, complètement décati. Il était sans
doute la chose qui puait le plus dans un endroit ou tout sentait mauvais
et, de surcroît, il était complètement fou. Mais ils le toléraient.
Sa hache avait plus d’une fois démontré son utilité.
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Re: Il y a de la vie. Après la mort

Message par Manithou le Mer 2 Jan 2008 - 16:04

La pluie ne montrait aucun signe d’affaiblissement.
Il tombait des trombes d’eau, tout droit, comme le rideau
d’une cascade, tambourinant sur les gravats, ruisselant sur
les plâtres souillés des quelques murs qui étaient encore
debout. De petits torrents s’étaient formés dans les anciens caniveaux
qui débordaient à présent et le groupe ne s’écartait pas des pierres
et des tuiles brisées car la terre battue s’était transformée en une
fange visqueuse.
— Holà ! dit soudainement Grunor, en tournant la tête vers la gauche.
Il leva une main boudinée aux doigts répugnants et inclina la tête.
— Encore tes foutus rats ? lui demanda Broch d’une voix lasse.
— Nan, grommela le nain. Quék’ chose d’autre.
Grunor avait fait partie de l’élite des ratiers de Wolfenburg avant la
chute. Son armure et ses vêtements étaient constitués de matières non
identifiées, rapiécés de toutes parts, et devaient sans nul doute adhérer
à sa peau par le seul pouvoir de la crasse, mais le gilet qui couvrait le
tout était fait de peaux de rat cousues. Sous sa barbe tressée, attachés à
une cordelette qu’il portait autour du cou, plusieurs douzaines de
crânes minuscules s’entrechoquaient. Au-dessus de sa moustache en
bataille, son visage flétri aux joues creuses arborait un nez protubérant.
L’un de ses yeux était brillant, l’autre laiteux et mort. À sa ceinture
pendait tout un assortiment de dagues et de coutelas, les instruments de
son métier souvenirs d’une vie passée dans les égouts.
— Sûr qu’y a des rats, mais ça, c’en est pas un, dit-il.
— Même pas ton rat géant ? ricana Broch.
— Rigole pas d’ça ! siffla Grunor. J’sais bien c’que j’ai vu. Un grand
bestiau qui v’nait de d’sous la terre. Quand c’est que je l’reverrais,
je l’reconnaîtrais et j’y f’rais sa fête.
Pour autant que Franz puisse s’en rendre compte, c’était là l’origine de
la folie de Grunor. Pendant la destruction de la ville, Grunor prétendait
avoir vu des rats énormes, de la taille d’un homme, sortir des égouts et
fondre sur les citadins en fuite. Cette vision lui avait fait perdre la raison.
Grunor avait fait le serment, sur sa vocation de chasseur, de les retrouver
et de les écorcher.
Des rats grands comme des hommes… Franz sourit à cette idée tout
en grimpant péniblement pour rejoindre Broch et le nain.
— Pourquoi on s’arrête ? demanda Franz.
— Empêche-les d’avancer, répliqua Broch. Il regardait vers la gauche
lui aussi, dans la direction que fixait Grunor. Le ratier a raison. Il y a
quelque chose par-là.
Franz jeta un coup d’oeil vers les chiffonniers et leva la main. Il vit
Imke parmi les premiers de la file, qui le dévisageait avec attention.
— C’est juste la pluie, dit Franz. C’est juste la pluie qui tape sur une
bouteille cassée…
Broch secoua la tête.
— C’est une lame. Du métal sur du métal.
Franz haussa les épaules.
— Si tu le dis.
— Restez là ! cria Broch aux chiffonniers qui attendaient.Tu restes pour
les garder, dit-il à Franz. Puis, avec le nain, il se dirigea vers les murs éboulés
qui étaient plus loin devant eux.Se dandinant sur ses courtes jambes,le nain
serrait sa hache à long manche contre sa poitrine.
Ils grimpèrent à grand-peine jusqu’au sommet d’une montagne de
détritus et de boue, traversèrent un porche en ruine et disparurent de
la vue de Franz et des chiffonniers.
— Par-là, marmonna Grunor.
Les bruits devenaient plus audibles. C’était un combat, sans aucun
doute possible. Ils passèrent sous une charpente de madriers carbonisés
toute de guingois et se retrouvèrent au bord d’une profonde
cavité, à regarder au fond d’un cratère semé de décombres,vestige d’un
grand bâtiment, peut-être une taverne, qui avait été rasé jusqu’au
plancher de sa cave. Il y avait à présent de l’eau à hauteur de mollet
dans ce trou et, pataugeant là-dedans, un jeune homme portant une
robe de prêtre luttait pour sa vie.
Il était armé d’un marteau de guerre, simple mais de bonne facture et
se servait de son manche métallique pour détourner
les coups d’un grand cimeterre à lame en dents
de scie qui le frappait sauvagement et sans
relâche. Á chacun des terribles impacts le jeune
prêtre ahanait bruyamment.
Le propriétaire du cimeterre faisait près de un
mètre quatre-vingts. Son torse nu et velu était
gras et bulbeux comme celui d’un nourrisson,
mais il avait des bras et des jambes très longs,
d’une minceur maladive. Il portait des
fourrures, avec quelques colifichets de
métal et des breloques en os. Sa tête…
Eh bien ! c'était sa tête qui en faisait
une « créature ».
Sa tête était celle d'une chèvre. Hirsute,avec une barbe qui lui descendait
dans le cou, renâclant des naseaux, les yeux globuleux et fous.
Au-dessus de ses oreilles velues, son front s'élargissait en une arête de
laquelle sortaient deux longues cornes en spirale. À chaque coup
féroce, la bête poussait un cri grinçant et hennissait.
— Qu’Ulric nous épargne, souffla Broch. Il leva son arquebuse, tirant la
housse en arrière en s’arrêtant seulement pour toucher le talisman de tir
de précision en argent qu’il avait ficelé autour de la crosse.
— Vermine ! Vermine dans la cité ! beugla Grunor, en chargeant
immédiatement droit vers l’eau, dévalant la pente, sa hache sifflant
alors qu’il la faisait tournoyer.
La créature bestiale entendit le hurlement et détourna la tête un
instant. À cette seconde, le prêtre vit sa chance et tenta de frapper à son
tour. Mais il était trop lent pour porter son coup convenablement, peutêtre
parce qu’il était à bout de souffle. L’homme-bête le vit venir et lui
allongea un coup en plein dans la figure avec la garde de son arme,
l’envoyant s’étaler sur le dos dans l’eau malsaine.
Puis la créature se retourna, les naseaux dilatés et poussa un
braiment en se préparant à affronter l’attaque du ratier.
Elle découvrit ses longues dents brunâtres en forme de
spatule,montrant sa langue bleue alors que la bave giclait de
sa bouche.
— C’est ça, saloperie. Souris,murmura Broch. Il l’avait dans
sa mire. Il ne pouvait pas le rater.
Il y eut un claquement sourd. L’arme avait fait long feu.
Cette maudite pluie avait trempé la poudre noire, malgré tous
ses efforts.
— Saleté ! hurla Broch. Grunor était déjà au corps à corps avec la
bête, mais il n’avait pas l’avantage.L’eau lui montait presque à la taille
et il barbotait tandis que la créature avait tout le bénéfice de son
allonge bien supérieure. Elle porta un coup lacérant à Grunor de sa
lame dentelée, qui fut détourné par la hache tournoyante, puis
recommença.Cette fois le coup sembla arriver directement dans
le visage de Grunor.
Broch poussa un cri d’horreur et jeta son arquebuse de côté.
Il avait l’impression que le ratier venait de se faire décapiter.
Mais non.Grunor s’effondra dans l’eau puis se releva tout aussi
vite. Il avait du sang sur le visage et deux des nattes de sa barbe
avaient disparu mais sa tête était toujours sur ses épaules.Avec
une exclamation rageuse, le nain arracha sa hache de la vase,
esquiva un autre coup cinglant et revint à la charge en mugissant
un curieux cri de guerre.
Broch avait habilement dégainé sa grande épée en la tirant
du fourreau attaché à son large dos. La lame faisait pratiquement
un mètre vingt de long et elle se maniait à deux mains.
Elle avait fidèlement servi Broch pendant dix-sept saisons.
Il s’apprêtait à se ruer au bas de la pente lorsqu’il entendit un bruit
à sa droite. Deux silhouettes venaient d’apparaître dans les ruines
au-dessus de lui.
— Bon sang Ulric, tu ne m’aimes pas beaucoup aujourd’hui ! cracha
Broch. Deux hommes-bêtes avaient surgi, tous deux plus petits que le
premier mais tout aussi monstrueux.L’un d’eux était efflanqué, avec un
ventre ballonné et marchait en traînant les pieds. Ses jambes aux articulations
tournées vers l’arrière avec des pieds aux sabots fendus
évoquaient celles d’une chèvre ou d’un porc. Ses bras, particulièrement
velus et courts, tenaient une lance en os. Sa tête ressemblait également
à celle d’une chèvre, mais il n’avait qu’une seule corne qui lui poussait
au milieu du front comme celles des créatures à une corne des contes
de fée. Ses yeux, qui faisaient peur à voir, étaient humains.
L’autre avait la taille et l’allure d’un homme moyen, vêtu d’un tabard
de peaux cousues qui donnaient l’impression abominable d’avoir été
arrachées du corps de plusieurs humains. Les peaux étaient couvertes
de symboles sinistres dessinés à l’encre et Broch se sentit saisi d’une
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Re: Il y a de la vie. Après la mort

Message par Manithou le Mer 2 Jan 2008 - 16:04

nausée à cette vue. La tête difforme de la chose laissait échapper des
grognements, mais heureusement elle était dissimulée par une cagoule
de peau cousue, avec des fentes qui laissaient voir ses yeux furieux.
Le groin ignoble et pourvu de défenses de la bête émergeait à l’avant
de sa cagoule souillée.
Ils se jetèrent sur Broch qui les reçut dans un mouvement tournant,
en y mettant tout son poids et cueillit la créature masquée en travers
de l’épaule droite.
Ce n’était qu’une égratignure, mais la chose chancela de côté, criant
comme un cochon qu’on égorge et s’enfuit en titubant sous la pluie,
hors de vue.
C’était déjà quelque chose, mais c’était loin d’être fini. Le lancier
l’attaquait maintenant, essayant de le frapper à l’abdomen pour l’éventrer
et lui arracher les tripes. Il para une première fois, puis son pied
glissa sur une pierre mouillée et il réussit tout juste à reprendre son
équilibre à temps pour esquiver la pointe de la lance une seconde fois.
Avec un juron, Broch tenta une attaque en diagonale, mais ses pieds
glissèrent à nouveau.
Cette fois il bascula et s’écrasa en arrière pour glisser le long de la
pente jusque dans la mare.
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Imke. Franz se retourna. Les chiffonniers
n’avaient pas bougé. Rassemblés en petits groupes, ils discutaient
nerveusement. Mais la fille s’était approchée. La pluie dessinait
des traînées sur son visage.
— Je vous ai dit de…
Elle le fixait de son regard si intense.
— Il y a quelque chose, dit-il en tournant à nouveau son regard vers
les ruines sous la pluie. Il y a quelque chose qui se passe là-bas.
J’ai entendu des cris. Un genre de…
— De quoi ?
— Un bruit de grognement. Je ne sais pas. Franz
resserra sa prise sur sa pique à sanglier.
— T’as entendu ? dit Imke soudainement.
— Non.Il tendit l’oreille et essaya de voir.Il n’entendait que
les torrents de pluie qui sifflaient et tambourinaient, avec de
temps en temps un petit bruit venant des ruines devant eux.
— Prends garde ! cria-t-elle.
Une créature cagoulée, saignant de l’une de ses épaules contrefaites,
sortait laborieusement des ruines et se dirigeait droit vers
eux. Elle reniflait et gémissait en serrant une rudimentaire épée
courte et recourbée dans son poing gauche.
Imke trébucha en arrière avec un cri d’alerte suraigu. Franz
souleva sa pique et poussa brusquement sa pointe vers la
créature, mais elle la dévia de son épée et fracassa le manche
de la pique juste derrière le fer en la faisant tomber des mains
de Franz.
Franz fit un bond en arrière et esquiva le terrible coup
suivant. Il arracha sa propre épée du fourreau et les lames
se frôlèrent avec un cliquetis de métal. Franz bloqua et se
mit en garde, mais la chose portait de furieuses attaques et
le fit reculer.
Il heurta un mur couvert de mousse et se baissa vivement
vers la gauche alors que la lame incurvée frappait à
nouveau en traçant une longue balafre en travers de la pierre
couverte de lichen. Franz repoussa la chose d’un coup d’épaule et
frappa violemment à nouveau, en manquant son coup de très loin.
Puis elle fut sur lui, le percutant de tout son poids et ils s’empoignèrent.
Il sentit son odeur fétide de poil mouillé, sa puanteur animale, son
haleine rance. Il essaya de lui échapper, mais elle s’accrochait en
grognant et en couinant.
Ils trébuchèrent en arrière au travers d’une porte brisée et chutèrent
au milieu d’un éparpillement de tuiles et de morceaux de maçonnerie
noyés sous quinze centimètres d’eau au moins. Franz se dégagea
violemment dans une gerbe d’eau, mais la chose se releva, la lame levée
pour lui fendre le crâne.
Soudain elle piailla encore plus fort et plus furieusement qu’avant.
Son cri se transforma en borborygme, puis, avec un énorme vomissement
sanglant, elle s’effondra face contre terre.
Franz se releva péniblement, empoignant avec gratitude le talisman
de Sigmar qu’il portait autour du cou. Imke était accroupie près du
cadavre de la créature et lui retirait une longue lame droite du bas du
dos, une dague très élégante. Elle essuya le sang de sa lame et la
rengaina soigneusement dans un fourreau de cuir qu’elle portait
attaché au mollet droit. Puis elle remit ses guenilles de chiffonnière en
place faisant ainsi disparaître sa jambe et son arme.
Franz cligna des yeux. Il ne connaissait aucun vagabond qui possédât
une telle arme ou qui sût s’en servir aussi efficacement.
— Tu n’es pas une chiffonnière,murmura-t-il.
Imke leva son doigt mince et le porta devant sa bouche en le fixant
d’un regard pénétrant.
Le grand cimeterre s’abattit de nouveau et manqua le crâne de
Grunor de la longueur d’un petit doigt, mais il ne parut pas s’en
inquiéter. Un nain connaît ses limites, particulièrement celles que sa
stature lui impose. Il n’avait pas l’avantage de la taille ou de l’allonge.
Mais il avait la force brute et une hache dont le tranchant faisait sa réputation.
Pour l’emporter, il lui fallait se rapprocher en se glissant sous la
ligne d’attaque de cette bête massive.Alors, sans se soucier du danger,
et sa folie lui fut d’un grand secours en l’occurrence, il poussa en avant
en gardant la tête baissée.
La créature fit un écart et voulut le contourner pour le remettre à
bonne distance. Elle porta une attaque plongeante avec sa lourde lame.
Grunor hurla le cri de guerre de son peuple et frappa en arc de
cercle. Le fer de la hache trancha net le poignet droit de l’homme-bête
et sa main, toujours serrée autour de la garde du cimeterre, s’envola
pour atterrir dans l’eau avec une grande éclaboussure. Un flot de sang
gicla du moignon. La créature poussa un mugissement de souffrance.
— La ferme, lui lança Grunor. Il balança de nouveau sa hache comme
un bûcheron qui s’apprête à abattre un arbre.
Le deuxième coup sectionna la jambe de la bête à la hauteur du
genou. Privée d’appui, gravement touchée, elle se renversa dans une
grande gerbe d’eau, son sang teintant la mare de rose vif. Elle se tortilla
en tous sens en faisant bouillonner l’eau. Grunor leva sa hache à deux
mains au-dessus de sa tête et abattit sa lame dans le crâne hideux de la
créature.
Les convulsions cessèrent d’un coup. Il fallut un bon moment à
Grunor pour libérer sa lame.
Le nain regarda Broch de l’autre côté de la mare. L’humain s’était bien
remis de sa chute et il était de nouveau sur ses pieds lorsque la créature
à une corne arriva sur lui. Broch effectua une parade latérale pour
repousser les assauts de la lance, puis il fendit la chose par le milieu du
corps avec sa grande épée en l’ouvrant en deux de l’épaule gauche à la
hanche droite.
Broch dégagea son épée et le corps mutilé s’écroula lamentablement
dans l’eau. Le mercenaire cracha.
— Va te faire voir, Ulric, je ne dois ma chance qu’à moi-même !
Il traversa l’eau en pataugeant et releva le prêtre. Le jeune homme
toussait, crachait et vomissait de l’eau croupie.Une meurtrissure ensanglantée
décorait sa bouche et sa joue droite.
— Falker ? Où es-tu ? Broch entra dans la ruine et trouva Franz
accroupi près du corps de la bête masquée.
— C’est toi qui as tué ça, Falker ? demanda-t-il.
Franz se retourna. Derrière Broch, Imke le fixait et secouait
doucement la tête.
— Ouais, dit Franz.
— Bon boulot, gars. On en a deux autres là-bas. Ho, ho ! Qu’est-ce
qu’elle fiche ici ?
— Elle… Elle est juste venue voir si j’allais bien, répondit Franz.
Ils ressortirent sous la pluie.
— Merci,murmura Imke en le dépassant.
Grunor avait fait asseoir le prêtre sur un rocher.
— Peut-on savoir qui vous êtes ? demanda Werner Broch.
Les chiffonniers s’étaient rassemblés autour de lui, comme des
papillons autour d’une flamme.
— La question reste posée, dit Broch. Qui êtes-vous ?
— Je me nomme Sigamund, répliqua le jeune prêtre en zozotant
légèrement à cause de sa bouche tuméfiée. Je suis intendant au temple
de Sigmar à Durberg. Je suis venu à Wolfenburg pour une sainte
mission, à la demande des pères du temple.
— Quel genre de mission ? interrogea Broch.
— Une mission que je dois mener à bien, mein herr. Je vous remercie
pour votre intervention. Ou plutôt, devrais-je dire, Sigmar vous
remercie.
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Re: Il y a de la vie. Après la mort

Message par Manithou le Mer 2 Jan 2008 - 16:05

Broch haussa les épaules.
— Il peut. On peut dire qu’il s’y prenait comme un minable pour vous
protéger jusqu’à ce qu’on arrive. Ces bestioles vous avaient pratiquement
expédié dans les bras glacés de Morr.
L’intendant opina.
— J’ai entrepris une tâche dangereuse. Qu’il me suffise de vous dire
que quatre d’entre nous sont partis du temple. Je suis le seul survivant.
L’intendant leva les yeux vers Broch.
— Et vous, monsieur…Votre épée est-elle à vendre ?
— Je préfère dire que je suis un homme dont l’honneur peut se
négocier.
Sigamund sourit puis fit une grimace en souhaitant ne pas
l’avoir fait.
— Si je dois accomplir ma tâche, je pourrais faire pire que d’acheter
ma protection pour la dernière étape.Vous êtes trois ?
Broch jeta un regard à Franz et Grunor.
— Je suppose que oui…
— Par une chance digne de Ranald, dit Sigamund, j’ai trois couronnes
d’or sur ma personne. Elles sont à vous, une chacun, si vous me
protégez jusqu’à ma destination.
— Qui est ? demanda Franz.
— Regarde-moi ! Regarde-moi bien ! aboya Broch brutalement.
Qui c’est qui négocie ?
— C’est vous, chef, répondit Franz.
— Qui est ? demanda Broch à l’intendant.
— Le temple de Sigmar, au coeur de cette cité en ruine. En ruine lui
aussi, sans aucun doute.
— Dans quel but ?
L’intendant se remit sur ses pieds.
— Je dois y récupérer une véronique de saint Sigmar, c'est-à-dire une
petite relique : une image peinte sur une petite toile. Les pères de mon
temple croient que Wolfenburg ne pourra se relever tant que cette
relique n’aura pas été sauvée et honorée comme elle le mérite.
— Une couronne d’or chacun ?
Sigamund hocha la tête.
— Et s’il reste quelque chose dans les coffres du temple, il vous plaira
peut-être de le partager entre vous. Les pères du temple ne sont pas
intéressés par l’argent.
— La pluie n’a pas diminué, dit Franz à Broch.
— Renvoie les chiffonniers au camp.
— Mais…
— Renvoie-les. Dis-leur d’y aller directement. Ils ne craignent trop
rien s’ils se dépêchent. On va le faire.
— Mais, chef…
— T’as entendu ce qu’il a dit, petit. Les coffres du temple !
Ça pourrait être notre salut ! On pourrait quitter ce tas de boue !
— J’ai pas vraiment envie de m’en aller, commença Franz.
— La ferme. C’est un ordre.
Grunor et Franz firent partir les chiffonniers. Ils étaient réticents à
s’en aller sans la protection de leurs soldats, mais Grunor fut très ferme
et ils finirent par filer sous la pluie, s’enfuyant pratiquement vers la
sécurité relative du camp de cabanes.
Imke, cependant, refusa de partir avec eux.
— Tu dois t’en aller, lui dit Franz.
— Pas question. Je vais avec vous.
— Qu’est-ce que tu es ? Tu n’es pas une chiffonnière.
— Tu l’as dit. Je viens avec vous. Débrouille-toi comme tu veux,
Franz Falker.Tu me dois bien ça. Invente quelque chose, et vite !
Broch vint vers eux.
— Qu’est-ce qu’elle fait encore ici ?
— Elle nous accompagne, dit Franz.
— Et puis quoi encore !
— Je la surveillerai.
— Ça va être un boulet. Renvoie-la.
— Elle me porte chance, déclara Franz.
— Quoi ?
— Ce monstre m’aurait éventré si elle n’avait pas été là. Je veux dire,
elle l’a distrait et j’ai pu lui donner le coup de grâce. Elle m’a porté
chance. Je veux qu’elle vienne. Je n’irai pas sans elle. Elle a la faveur de
Ranald.
— Elle n’aura pas une pièce, si c’est à ça qu’elle pense, dit Broch.
— Je lui en donnerai quelques-unes des miennes lorsqu’on sera riches
comme des princes, sourit Franz.
Broch haussa les épaules.
— T’as le droit d’être stupide. On y va !
Ils se mirent en route, Broch et l’intendant devant, suivis par Grunor
qui marchait lourdement. Franz et Imke fermaient la marche.
La pluie s’arrêta soudainement après quinze minutes et une
vapeur commença à s’élever des ruines fumantes d’humidité,
adoucissant les contours des maçonneries qui les entouraient
et transformant les plus hauts bâtiments en silhouettes fantomatiques.
Le silence était troublant. On entendait le
gargouillement de l’eau qui descendait jusqu’au
niveau du sol à travers de vieux tuyaux et des gouttières
brisées, mais hormis ce bruit ténu, ils avançaient
dans un silence lugubre, aussi crispant et mystérieux que les
brumes qui les enveloppaient.
— On dirait le pays des morts, dit Imke. Froid, terne et muet.
On dirait le royaume de Morr,où les âmes volent comme des chauves-souris.
— C’est le pays des morts, répliqua Franz. C’est à ça que ressemble la
vie après la mort. Je le sais. J’ai vécu ici toute ma vie et maintenant cette
vie est morte et enterrée.
— Tu étais là quand c’est arrivé ?
Franz hocha la tête.
— As-tu perdu…
— Mère, père, deux soeurs.
— Pourquoi tu restes ?
— J’ai quelque chose à faire. Quelque chose à retrouver.
— Et qu’est-ce que c’est, Franz Falker ?
Il la regarda.
— C’est à toi de me donner quelque chose, d’abord.Du genre, dis-moi
qui tu es ou ce que tu es. Comme par exemple, comment ça se fait
qu’on trouve une dague d’aristocrate dans son fourreau, accrochée au
mollet d’une pauvresse et qui sait s’en servir, en plus de ça.
— Je suis une chasseuse, répondit-elle. Ce que certains appellent une
pilleuse de tombes en prenant des airs méprisants. Me joindre aux chiffonniers
était un excellent moyen de m’introduire ici.
Il s’arrêta pour la contempler d’un oeil dégoûté.
— Tu ne vaux pas mieux qu’un charognard. À piller les morts pour
leur voler leurs biens.
— Je me moque pas mal de ce que tu penses, dit-elle en le dépassant.
Tu me dois la vie et tu ne diras pas un mot à ton petit camarade le
mercenaire.
Il opina.
— Dès que je n’aurai plus de dette envers toi, on en reparlera,
lui assura-t-il.
— Pourtant, je commençais à apprécier notre conversation.
Tu allais me dire ce que tu cherches ici.
— C’est rien.
— Dis-le moi,Franz Falker, répéta-t-elle en lui lançant encore un de ses
regards perçants.
Franz haussa les épaules.
— L’échoppe de mon père. Il était cordonnier. Je voudrais retrouver
ses outils et peut-être quelques formes en bois et un peu de bon cuir.
Au camp, les gens réclament des bonnes chaussures à grands cris ou au
moins quelqu’un qui pourrait réparer celles qu’ils ont. Je sais le faire et
si j’avais ce qu’il me faut…
Sa voix se tut. Elle l’observait avec attention.
— C’est ton ambition ? Ton destin ? Faire des chaussures pour ces
minables là-bas ?
Franz opina.
Imke secoua la tête et le dépassa.
Lorsqu’il la rattrapa, elle chuchota.
— Au fait, surveille bien cet intendant.
— Hein ? Pourquoi ?
— Je pense qu’il n’est pas exactement ce qu’il a l’air d’être. Il porte
des marques sur les mains, des genres de formules… des runes
je pense. Il a fait très attention à les cacher, mais j’ai bien remarqué
son petit jeu. Il n’est pas le petit saint qu’il voudrait nous faire penser
qu’il est.
Grunor s’était arrêté dans un espace empli de brume entre deux murs
éboulés. L’eau de pluie continuait à glouglouter. Il renifla.
— D’la vermine, siffla-t-il.
— Tu ne vas pas recommencer, souffla Broch. Et comment ils sont ?
De la taille d’un homme, espèce de fou ?
— On dirait bien, répliqua Grunor. Sa voix vibrait d’une curieuse note
de crainte.
Broch fit un pas en avant.
— Tu parles tellement…
Le premier rat apparut, silencieux, surgissant de la brume.
Broch en eut le souffle coupé et déglutit. Soudain, la folie de
Grunor lui parut être la plus sensée des choses.
Le rat était debout. Ses yeux brillaient. Il serrait une
lame dans ses pattes avant comme l’aurait fait un
homme adulte.
Et en vérité, il avait la taille et la corpulence
d’un homme.
De même que les six autres qui surgirent
de la brume autour d’eux.
— Par le saint coeur palpitant d’Ulric ! hurla
Broch avec incrédulité en tirant sa grande épée. Formez
un cercle ! Un cercle !
Mais Grunor avait déjà foncé dans le tas, beuglant, sa hache levée
haut prête à frapper alors qu’il chargeait les monstrueuses vermines.
Sa folie venait de prendre un visage. Les créatures se mirent à jacasser
et à siffler en se précipitant à l’attaque.
Elles faisaient un vacarme effrayant, d’autant plus que des cris aigus
leur répondaient depuis les brumes environnantes. Franz avait tiré son
épée. Broch, déjà en plein combat, abattit sa grande épée sur la
première couenne noire et galeuse qui passa à sa portée. Grunor avait
frappé juste et sa hache ensanglantée avait déclenché une cacophonie
de piaillements de douleur.
— Mets-toi derrière moi ! Derrière moi ! hurla Franz à Imke en voyant
un des rats monstrueux se propulser vers lui. Imke avait déjà sorti sa
dague pour transpercer et taillader d’une main experte.
Franz fit sauter la tête d’un rat d’un coup bien net et, éclaboussé de
son infect sang, se retourna pour regarder l’intendant.
Le jeune prêtre leur hurlait de le protéger, les mains levées, paumes
exposées. Franz vit le symbole qui était gravé dans la chair des paumes
de l’intendant. Il frissonna. Il l’avait déjà vu à deux reprises. Une fois sur
la cagoule de l’homme-bête dans les ruines.
Et une fois sur les bannières de l’armée de Surtha Lenk lorsqu’elle
avait pris d’assaut les murs de Wolfenburg.
Franz tressaillit lorsque la lame d’un rat entailla les muscles de son
bras gauche. Il pivota et embrocha la créature au beau milieu du torse.
Il était maintenant sûr que le véritable ennemi, le pire monstre de tous,
faisait partie de ses compagnons, mais il n’y pouvait rien. Les rats
étaient partout autour de lui, les rats grands comme des hommes qui
avaient hanté les cauchemars de Grunor, chargeant hors de la brume,
bondissant, grouillant…
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